Avantageux pilori

Clouons au pilori, si vous le voulez bien, l’expression clouer au pilori. Le pilori était, selon le dictionnaire Reverso, un « Poteau où l’on attachait le criminel avec un carcan au cou, pour l’exposer à la vue du peuple ; à Paris, c’était une tour de pierre, au milieu de laquelle était un pivot de bois, portant une machine qui avait des trous pour passer la tête et les bras. » Ce qui signifie que l’on ne clouait nullement le condamné.

On en trouve la preuve dans cette description d’un pilori anciennement situé à Paris sur le passage actuel de la rue Rambuteau :

 » C’était une petite cour octogone, percée, de hautes fenêtres ogivales, n’ayant qu’un étage au-dessus d’un rez-de-chaussée, et au milieu de laquelle était une roue de fer percée de trous où l’on faisait passer la tête et les bras des criminels(…). On les y attachait trois jours de marché consécutifs, deux heures par jour.»

On ne sait d’ou provient cette locution « clouer au pilori ». Allusion à la mise à mort de Jésus par les romains, ou à l’idée qu’une fois au pilori, le condamné se retrouve comme cloué, puisqu’incapable de bouger ?

Quoi qu’il en soit, elle convient à mon dessein, qui consistera à mettre en avant quelques fautes rencontrées chez nos amis journalistes. Ne me prenez pas pour un grammairien ou un orthographiste : je fais de nombreuses fautes. Mais il existe théoriquement dans toute rédaction qui se respecte ce qu’on surnomme le SR, ou secrétaire de rédaction, qui est supposé corriger ou faire corriger les documents soumis par les journalistes. On parle ainsi d’un document « SRisé » pour indiquer qu’il a subi une correction. Le correcteur est d’ailleurs un personnage paradoxal des rédactions, apprécié parce qu’il évite les tournures malencontreuses, les fautes de frappe ou de style qui auraient échappé au correcteur logiciel, mais aussi détesté lorsqu’il modifie par trop le style d’un article, le rythme des mots ou dénature la pensée de l’auteur. Un bon SR est un SR sous contrôle, diraient les rédacteurs en chef.

Or donc, je déplore, ami lecteur, et vous invite à déplorer avec moi la disparition du SR. Dans l’écriture pour le web, le rythme est rapide, usant, fatiguant. Il faut produire, et le SR coûte cher. C’est sans doute ce qui explique les fautes énormes que l’on voit désormais très souvent, y compris dans les publications les plus réputées.

Voici donc le thème du pilori, qui servira ici à mettre en avant une faute répandue, au moyen d’une note courte.

Nous prendrons pour premier exemple de ce thème un article intéressant et globalement bien écrit de Christophe Gauvry, journaliste à l’AFP, sur le thème des goûteurs des produits de la mer. Relevé sur le site du Point, ce papier termine sur une remarque d’une brave dame : « Il s’agit d’essayer de développer un système d’aquaculture qui préserve d’avantage l’environnement », explique Mireille Cardinal. »

Notre ami journaliste confond ici avantage et davantage. Il fallait dire « qui préserve davantage » pour « qui préserve plus », le mot « d’avantage » ayant le sens de « bienfait ».

Certes, cette dernière forme résulte de la précédente, mais s’il fallait parler comme au Moyen-Âge ! Le brave Reverso donnera un explication convaincante à ceux qui en auraient besoin.

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